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CA SE PASSE LA MAINTENANT.
2.11.07 18:49


Sgt pepper's lonely hearts club band

C'était au siècle dernier.

Personne ne va te croire. Ou ils vont penser que tu es prétentieux. Mais ce disque est le premier vinyl que tu aies acheté avec ton premier argent de poche. C'est pourtant la stricte vérité. Auparavant il y avait eu une cassette. De ces mêmes Beatles. Le Vol. 1 du fameux "double bleu", vous savez cette compilation. A l'époque, il y a avait deux K7 pour le double bleu et deux pour le double rouge. Tu avais seulement eu les moyens d'en acheter une.

Tu l'écoutais cette cassette, tous les jours, plusieurs fois même. Tu n'avais pas grand chose d'autre. En fait tu avais commencé avec Pink Floyd (oui Dark side of the moon bien sur et le premier, The Piper at the gates of Dawn, une merveille de pop psychédélique), empruntés à un ami et que tu avais enregistré en mettant le petit micro de ton mini-cassette devant le haut-parleur du tourne-disque familial, en ayant bien prié tout le monde avant cela de ne pas entrer dans la chambre et de ne SURTOUT pas faire de bruit. Auparavant tu n'écoutais rien. Ou pas grand chose. Tu avais bien demandé à tes parents de t'acheter un ou deux 45T mais rien de plus (des daubes inavouable). Mais des choses avaient commencé à germer en toi lorsqu'une fille en 4ème t'avait parlé de Led Zeppelin. Elle t'aurait parlé en albanais que ça aurait été pareil mais il en était resté quelque chose. Et puis ce copain t'avait passé ces deux Pink Floyd et tout avait réellement débuté. C'est à la suite de cet événement que tu avais acheté la K7 du double bleu. Mais tu n'avais toujours pas de "disque", ces galettes en vinyl noir.

Cela ne te suffisait plus. Il te fallait autre chose, il t'en fallait plus. Tu commençais alors ton addiction discographique qui se poursuit encore de nos jours. Ton départ dans cette drogue dont tu n'es jamais sorti. On était au mois de décembre 1974.

Il t'avait fallu attendre un peu avant de l'acheter ce disque. Ton argent de poche se montait à l'époque à 10Fr par semaine. Il fallait que tu atteignes la somme fatidique d'environ 35Fr (tu ne te souviens plus du prix exact) pour aller acquérir ce fameux disque dont tu venais de lire une critique dithyrambique (pour toi à l'époque) dans un magazine spécial Beatles
(minable, ça devait être un hors série Salut les copains ou un truc comme ça, tu n'avais pas compris encore que la vérité était ailleurs) acheté peu de temps avant.

Tu te souviens que tu n'avais pu attendre. Tu avais demandé à ta mère une avance sur la semaine suivante et tu avais couru au BHV de Créteil. Voilà, c'était fait, tu avais acheté ton premier disque, très fier de toi.

Déjà, dans le bus en rentrant à la maison, tu n'arrêtais pas de regarder cette pochette multicolore, ces têtes de gens plus ou moins connus de toi à l'époque (tu n'as pas reconnu Dylan par exemple, mais très bien Laurel et Hardy pourtant assez peu à leur avantage). Au dos, sur un fond rouge vif, en petites lettres noires qui faisaient mal aux yeux, étaient imprimées les paroles. Lorsque l'on ouvrait le disque, il y avait les têtes en gros plan des Beatles, moustachus et chevelus. Avec le disque on trouvait également une planche cartonnée ou figuraient des accessoires détachables pour se déguiser en Sgt. Pepper : une moustache à s'enficher dans le nez, des épaulettes, deux badges, une carte postale du Sgt. Poivre… Tout cela est toujours intact à l'heure actuelle, tu n'as jamais pu te résigner à détacher ces ornements pour t'en parer… tu n'as jamais eu le sens du déguisement il faut dire.


(Cliquer sur l'image pour voir l'encart en grand)

La première chose qui t'a frappé lorsque tu l'as écouté pour la première fois ce disque, ce sont tous ces instruments qu'on entendait. Tu connaissais pourtant déjà pas mal de ces chansons puisqu'on les trouvait sur ta fameuse K7, mais là le son de l'électrophone, pourtant plutôt moyenne fidélité, était nettement meilleur que celui du mini-cassette. Et tu entendais plein d'instruments, un grand orchestre, des orgues de cirque, des instruments bizarres dont tu ne connaissais pas le nom. Et tu ne comprenais plus. N'ayant encore jamais entendu parler de re-recording ou autres techniques de studio, pour toi, ils jouaient de la guitare et de la batterie les Beatles. Point. D'ailleurs sur toutes les photos que tu avais vues, on les voyait avec. Y avait pas d'orchestre symphonique sur les photos, y avait pas de clarinette, pas d'instruments bizarres et ils n'étaient que quatre…

Sur le coup, tu crois bien t'être dit que ça devait être ça la magie des Beatles, quatre types qui sonnaient comme l'orchestre philharmonique de Berlin. Peu de temps après, en achetant la presse spécialisée de l'époque (Best et surtout Rock'n folk) tu as compris ton erreur.

Tout de suite après, tu t'étais dit que tu t'étais fait arnaquer, que tu aurais du faire attention, qu'il y avait presque la moitié des chansons que tu avais déjà sur ta fameuse cassette. Tu ne pouvais pas en acheter toutes les semaines des disques, si en plus tu ne faisais pas gaffe et que tu te faisais refiler plusieurs fois les mêmes chansons en guise de chef d'œuvre du rock'n roll, il y avait duperie là.

C'était néanmoins nettement plus valorisant de posséder ce disque, et ce pour plusieurs raisons :

1. C'était un disque, pas une vague K7, ça faisait vachement plus sérieux, et puis dans les magazines ils critiquaient les disques, pas les K7 (hein comment ça c'est pareil).
2. Les paroles étaient imprimées sur la pochette et tu pouvais chanter avec eux ce qui te procurait un bonheur ineffable, tu chantais avec les Beatles !!!!!
3. Ca faisait plus classe pour frimer devant les copains et les copines : "Ouais moi j'ai acheté le Sgt. Pepper des Beatles, tu sais celui avec la pochette rouge et tous les personnages, et l'encart avec les moustaches (y avait pas ça dans la K7). Quoi tu connais pas????" Avec l'option spéciale pour les filles : ben si tu veux mercredi tu viens l'écouter à la maison (alors là, tu tiens à avertir toutes les personnes qui pourraient penser que ce disque est un bon plan pour draguer : y en a pas UNE qui est venu chez toi l'écouter, elles préfèraient Claude François ces pétasses!!! )


Et puis il y avait surtout la musique. Cette musique qui tournoyait dans ta chambre et dans ta tête. La guitare de Sgt. Pepper's Lonely Hearts club Band qui te faisait sauter en l'air (en prenant bien soin de ne pas faire sauter le disque avec), bon sang, ça y était tu écoutais du rock. L'enchaînement avec With a little help from my friends, que tu t'imaginais chantant dans la rue avec tes deux seuls copains qui comprenaient également cette musique. Getting Better que tu chantais à tue-tête et ses guitares sautillantes. It's getting better tu parles que tout allait mieux quand tu mettais ce disque, ils te parlaient ces quatre gars. Tu n'y comprenais rien à Fixing a hole mais qu'est-ce que tu aimais cette chanson, particulièrement les couplets avec ses and I will goooooo et le solo de guitare du milieu. Tu avais un peu de mal avec Being for the benefit of Mr Kite, les orgues tournoyantes du pont te posaient un problème crucial : c'était rock'n roll les orgues de cirque comme celles-là? Mais tu adorais quand Lennon chantait à la fin de la chanson And tonight Mr. Kite is topping the bill.

A cette époque là, quand on arrivait à cette chanson, il fallait aller retourner le disque. Sur l'étiquette centrale, la pomme était coupé en deux, tu trouvais cette idée formidable. Tu te souviens avoir montré le coup de la pomme à ta mère qui avait fait preuve d'une indifférence inconcevable pour un tel détail génial. Tu as senti à ce moment là que tu étais en train de changer d'univers et que la communication avec tes parents allait s'avérer de plus en plus difficile (un jour tu raconteras la tête de ta mère découvrant le poster d'Iggy Pop torse nu et grimaçant que tu avais accroché dans ma chambre…).

La deuxième face donc, s'ouvrait avec Within You Without You de George Harrison. Tu te disais que ses copains avaient été sympa avec lui en lui laissant une chanson. Parce qu'il est bizarre ce morceau avec son coté indianisant, avec ses instruments aux sonorités étranges. Il t'a fallu quelques années avant de comprendre que George Harrison était un compositeur aussi génial que ses compères. Néanmoins tu aimais bien le coté envoûtant de ce morceau, tu le trouvais parfait quand tu écoutais le disque dans le noir (non, non tu ne fumais pas encore de substances prohibées).

When I'm sixty four te faisait sourire avec son coté désuet et cette clarinette. Mais tu adorais un passage, après toutes ces années tu ne sais toujours pas pourquoi, mais quand Paul chantait "Every summer we can rent a cottage on the Isle of Wight, if it's not too dear We shall scrimp and save Grandchildren on your knee Vera, Chuck, and Dave" cela te ravissait.

Comme l'intro de Lovely Rita avec sa guitare acoustique et son piano avant que n'entre la batterie. Celle là tu la mettais plusieurs fois de suite pour bien la chanter avec eux, pour bien insister sur les rimes en "er" et en "it" et puis reprendre le refrain en bougeant la tête Lovely Rita, meter maid. Cette chanson t'apparaissait comme un hymne hippie, ces chevelus que tu avais vus à la télé dans un reportage. Toi aussi je serai hippie plus tard (loupé).

Tu adorais Good morning pour la batterie de Ringo sur laquelle il devait taper comme un sourd et que tu tentais d'imiter en frappant sur ton bureau en rythme (ça ne t'a pas passé cette manie, ça vient de là) et la guitare d'Harrison qui hurlait son cours solo.

Derrière il y avait la reprise du premier morceau, qui te faisait oublier les cris d'animaux de la fin de Good morning que tu trouvais déplacés. Cette chanson avec encore une fois la batterie de Ringo et la guitare d'Harrison au premier plan avec la foule qui hurle derrière tu l'as toujours adorée. C'était celle qui faisait le plus de bruit et sur laquelle tes parents grimaçaient le plus. Essentielle.

Mais tu as gardé pour la fin tes préférées. Celles qui t'ont ouvert des horizons que tu ne connaissais pas, que tu n'imaginais même pas exister.

Dès le clavecin de l'introduction de Lucy in the sky with diamonds tu partais dans l'univers féérique d'Alice au pays des merveilles pour y chanter des aaaaaaah qui te transportaient dans des lieux inconnus.

Avec She's leaving home, sa harpe, son violoncelle, ses violons, tu as fait l'apprentissage de ces chansons mélancoliques que tu adores plus que tout. Cette chanson faisait naître en toi ces émotions des séparations qui t'étaient encore inconnues. Cette chanson te bouleverse toujours autant.

Et à la fin de la deuxième face, il y avait ce chef d'œuvre, A day in the life, qui est restée ta préférée après toutes ces années. Tu as toujours tout aimé dans cette chanson. La guitare acoustique discrète de l'intro, les accords majestueux du piano, la voix nonchalante de John, les roulements de batterie totalement essentiels de Ringo, He didn't notice that the lights had changed, la voix qui s'éleve Nobody was really sure if he was from the House of Lords, le piano qui devient insistant, l'orchestre qui s'enfle, le passage central où tout s'accélère, la voix de Paul à l'arrière plan Found my way upstairs and had a smoke Somebody spoke and I went into a dream, les Aaaaah de John, le rythme des mots Now they know how many holes it takes to fill the Albert Hall I'd love to turn you on, l'explosion de l'orchestre et ce dernier accord de piano qui résonne à l'infini avec l'orchestre, le silence… et le gag final que l'on oublie généralement.


Et puis le temps est passé un peu… des disques tu en as acheté. Rarement au début, puis de plus en plus à mesure que tes finances le permettaient. Et tu as oublié ce disque. Oui, pendant plusieurs années tu as laissé ce disque au fond de l'armoire. Tu écoutais dorénavant tellement de choses plus "rock", plus ceci, plus cela, que ce disque était devenu trop évident pour que tu t'y intéresses encore. Tu ne sais pas si tu avais lu cette _expression dans un quelconque magazine (très probablement) où si tu l'avais trouvée par toi-même, mais lorsque tu parlais musique et que tu essayais d'expliquer pourquoi à l'adolescence était née cette passion, tu citais néanmoins ce disque et la musique des Beatles comme une clé, comme la clé qui t'avait ouvert la porte. L'_expression sonnait bien et faisait bon effet, mais tu ne mesurais pas réellement la pertinence de tes propos.

Et puis le temps est passé de nouveau, plus longuement… tu as remis le disque sur la platine un jour, sans trop savoir pourquoi. Et là tout ce que tu avais ignoré ou mal compris plusieurs années auparavant est venu s'ajouter à ce que tu aimais toujours dans cette musique. Les orgues, les cris d'animaux, les orchestrations que tu n'avais pas entendues, les sitars, les tablas, la richesse de la production de George Martin, cette foule de détails qui surgissent à tout moment, ces touches instrumentales parfois infimes mais qui sont essentielles. Tout t'apparaissait définitivement. Ce disque transpirait le génie à chaque seconde, ce génie que tu n'avais fait qu'effleurer, mais qui t'avait ouvert la porte à tout un tas de musiques différentes. Tu as repensé alors à la clé, à cette fameuse clé. C'est à cet instant que tu as compris le rôle essentiel qu'avait eu ce disque et cette musique sur tes goûts musicaux.

Tu ne l'écoutes plus très souvent cet album, sans raison particulière, et étonnamment, c'est un disque que tu n'as jamais racheté en CD. Quand tu le réécoutes, tu aimes le prendre et le poser sur la platine. Aller le retourner et sourire en regardant la pomme. Laisser le diamant faire ses clic-clic après A day in the life.

Et puis un jour, il n'y a pas si longtemps, en rangeant tes vinyls, tu as repris avec nostalgie la pochette de ce disque. Et tout en bas à droite, au dos de la pochette, tu as remarqué quelques mots qui ont fait naître un grand sourire sur tes lèvres. Tu ne les avais jamais remarqués. Ces quelques mots, qui ne pouvaient pas mieux résumer ce disque : A splendid time is guaranteed for all.





29.6.05 23:15


Pur Vinyle Baby #21 : Elvis Presley : Don’t Be Cruel/Hound Dog (1956)



Je marchais sur la ville, sans aucune crainte car j'avais Elvis dans les oreilles.
Elvis déboule à fond la caisse avec «Hound Dog » et les solos de guitare déchirantes et éjaculatoires de Scotty Moore, il se déglingue les doigts et la ferraille résonne parce qu'il faut bien qu'il se fasse entendre dans ce bouillon sonore avec le piano qui martèlle diaboliquement et Elvis qui, Aaaah Elvis, Elvis braille, Elvis balance la sauce, sa gorge se déchire, You Ain't nothin' But A Hound Dog tintintinlintintin... Je marche sur la ville et je ne crains rien, écrasez-vous tous, j'ai Elvis dans les oreilles, je suis invicible, je suis le plus fort, le king dans la tête et c'est la peur sur la ville... You Ain't No Friend Of Mi-ine !
16.11.04 19:35


Pur Vinyle Baby #20 : David Bowie : Station to Station (1976)

Station To Station est le must.
Vraiment. C'est peut-être moins spectaculaire que l'épopée paillette du David aux yeux vairons,
mais sans les platform-boots, Bowie est meilleur.



Bien sûr il y a la première face de «Hunky Dory» que j'emporterais sur une île déserte.
Pour «Fill Your Heart ».
Pour « Kooks ».
Pour «Oh You Pretty Thing ! ».
Pour « Life On Mars ? ».
Pour «Changes»

Bien sûr le séminal «Jean Genie».
Bien sûr l'alumé «Starman».
Bien sûr le dansant «Young Americans».
Bien sûr le stonien «Rebel Rebel»

Mais le chef d'œuvre.
Mais l'œuvre de l'Artiste.
C'est « Station To Station ».
L'âge d'or. C'est Bowie qui le chante.
«Golden Years» donc.



Même si Bowie répète « It's Too Late... »,
non il n'est pas trop tard pour se démaquiller,
et mettre « Station to Station » sur la platine.
24.9.04 09:41


  PUR VINYLE #19 : Paul McCartney : The Mess (1973)

Putain de Nostalgie...
Un soit disant éminent journaliste se fait dessus en parlant de Paul McCartney, qui (sur)joue au Stade de France ce soir... Erreurs sur erreurs.
Pourtant il est présenté respectueusement par une journaliste moqueuse comme spécialiste des Fab Four...
Selon le spécialiste, Sir Paul n'a pas joué une seule chanson des Beatles entre 1970, date officielle de la séparation de ces derniers et 1989 la tournée Flowers In The Dirt...
Ah hum, oui oui nous avons effectivement à faire avec un scientifique de la cause Biteulsienne...
Et la tournée des Wings en 1976 ? Voir le triple vinyle WINGS OVER AMERICA.
Bon, je laisse tomber, peut-être que notre érudit rock n'a jamais remarqué que le chanteur des Wings était Sir Paul.
Je suis habitué aux approximations sur France Inter à dire vrai.
Y'a pas longtemps encore, Guy Carlier étalait sa science en parlant de cette magnifique pochette réalisée par Andy Warhol, celle avec la Banane qui illustre « Emotionnal Rescue » des Rolling Stones...
À vous de corriger.

Le pire est que le spécialiste des Beatles remplissait sa couche confiance en écoutant la version live et pataude de « Getting Better » enregistrée pendant la dernière tournée de Sir Paul, pour conclure que c'était normal que Mc Cartney reprenne les chansons des Beatles parce que ces derniers albums sont pas terribles.
Bip Bip Bip, il est 14h00; la météo de la grenouille tout de suite...

Alors j'ai mis DRIVING RAIN sur ma platine, Le dernier album de Paul McCartney.
Ok j'écoute du pas terrible. C'est vrai que sur France Inter, la playlist est terrible...



Nathalie me rapporte ceci :
« J’ai bien pensé à toi ce matin, en écoutant France culture, un journaliste se marrait en évoquant le conservateur en chef du musée de l’Ermitage, à saint petersbourg, protestant avec véhémence contre le concert en plein air de McCartney qui avait poussé la musique à fond, les vibrations ayant été pour les œuvres à cette occasion bien plus néfaste que celles de plusieurs voyages en avion ! Décidément, Paul, il fait toutes les gaffes ! »

Je crois qu'il aime bien faire le "rebel", mon Paulôt chéri.
Ce gars-là il est terrible tatatintin tintintin tintintintin !
(sur l'air de «Something Else d'Eddie Cochran)
24.6.04 17:05


PUR VINYLE #18 : Léonard Cohen : Songs from a room 1969

 



 


Caroline dit :fficeffice" />


"En fait on devrait écouter le silence aujourd'hui, c'est de la musique aussi le silence"


"Ca en fait partie, il n'y aurait pas de musique sans le silence. Le silence c'est la 13ème note"


Caroline ajuste la barrette dans ses cheveux :


"Ca porte malheur le 13. C'est pour cela qu'on a oublié le silence. Le rêve ça serait  une touche en plus sur les claviers pour jouer le silence"


"C'est joli. J'aime bien quand tu rêves comme cela. Mais il suffit de ne plus jouer pour qu'il y ait un silence "


Caroline dit en haussant les épaules : "C'est pour cela qu'on ne le joue pas. S'il y avait une touche pour le silence ça serait différent."


"Et pour la guitare? Tiens je vais mettre Léonard Cohen, c'est presque du silence."


Caroline fait cette moue qui te plait tant et dit "Il faudrait une corde silencieuse. C'est beau. Sa voix. L'ambiance. Fait voir la pochette."


"La photo au dos est superbe. Je crois que j'aime autant ce disque pour la photo que pour la musique."


Caroline grimace : "A cause de la blonde. M'étonne pas"


"Elle terriblement sexy comme ça en train de taper à la machineOn a l'impression qu'elle est enveloppée dans sa serviette. L'ambiance est superbe. C'est une photo énigmatique"


Caroline dit : " Une blonde qui tape à la machine. Où est l'énigme? Elle tape quoi d'ailleurs. Elle écrit les paroles des chansons?"


"Nan tu veux rire, c'est Cohen. Il pourrait être en train d'écrire les paroles des chansons mais je ne pense pas. En fait il doit lui dicter Beautiful Loser, le livre qu'il écrivait à l'époque. Elle date d'avant son premier disque cette photo. Elle a été prise dans la maison qu'il habitait sur l'île grecque d'Hydra. Le minimalisme de la pièce va bien avec la quasi nudité de la fille. Il n'était pas connu Cohen à l'époque. C'est un livre étrange d'ailleurs."


Caroline étend ses jambes sur la table du salon : " Pourtant ça s'appelle Songs from a room. En gros, il se tape sa secrétaire. Je suis certaine que tu adorerais avec l'actuelle, tu en parles tout le temps. Encore une blonde."


"Cohen c'est de la musique blonde. Mais on n'est pas en Grèce et je n'ai pas de machine à écrire."
Caroline dit : " Bah l'ordinateur c'est pareil non?"
"Non j'crois pas. La machine à écrire c'est le vinyle du traitement de texte. Elle taperait sur un pc elle serait moins désirable cette fille. Sur la remington, drapée dans une serviette encore humide, c'est la classe."
Caroline a un sourire en coin : "Rêve pas."

"Ca fait longtemps déjà..."


Caroline te coupe en laissant ses doigts glisser le long de sa jambe : " Je sens un regret dans ta voix. C'est d'un machisme terrifiant ton fantasme. Décevant."


" Ce n'est pas un fantasme. Je suis décevant de toute manière."


Caroline lève les yeux au ciel : "Je la connais cette chanson. Il y a une version ou le type de Noir Désir chante."


"The partisan. C'est sur Low Estate des 16 horsepower. Belle version mais je préfère l'originale. Elle me file toujours la chair de poule."


Caroline écoute, les yeux fermés et dit : "Tu aurais fait quoi pendant la guerre?"


"Je ne sais pas. Comment savoir. C'est facile de dire maintenant qu'on aurait voulu être résistant. J'espère que j'aurais gardé ma dignité. J'espère vraiment. Sale époque"


Caroline ouvre les yeux et te regarde fixement : " Ouais. Difficile à dire. J'aurais pas aimé. Vivre ça. Elle est triste cette chanson."


"Elle parle d'une fille qui s'est suicidée. C'est une chanson magnifique. Il fait des miracles avec sa guitare classique et sa voix. On retrouve un peu l'ascétisme de la chambre de la photo. Juste l'essentiel. Pas de superflu"


Caroline caresse son épaule avec la pointe de ses cheveux : "Même la serviette de la fille? D'ailleurs c'est peut être une robe. Hyper courte. Heureusement que ce n'est pas un peignoir."


"Il devait faire trop chaud pour le peignoir. La serviette c'est mieux. Elle n'est pas superflue. Essentielle, comme le reste. Elle serait nue sinon et la photo perdrait tout son charme. La serviette c'est plein d'espoirs."


Caroline se lève et regarde par la fenêtre : "Il a une voix troublante Léonard Cohen. Je ne sais pas comment dire, mais troublante. Qu'est-ce qu'elle est devenue la fille?"


"Je ne sais pas. Je ne sais même pas qui c'est. Peut être qu'elle regrette la vie sur cette île avec Léonard. Peut être qu'elle l'a oublié depuis longtemps. Ou la photo est accrochée au mur chez elle et elle a peut être des petits enfants à qui elle raconte l'histoire de cette photo parce qu'elle a une histoire. On ne la connaît pas mais je suis certain qu'il y en a une."


Caroline se retourne vers toi : "La fameuse énigme?"


" Peut être. Avec ou sans énigme ce disque est très beau dans son dépouillement. Comme la fille."

Caroline s'approche et vient se blottir contre toi : "Presque du silence. Oublie la fille."
21.6.04 19:27


  PUR VINYLE #17 Ray Charles : Lonely Avenue 1956



Deux petites fenêtres laissent à peine
la lumière entrer dans ma chambre
tu n'est plus là
Solitude et tristesse me tiennent compagnie

Je vis dans la désolation de cette rue
depuis ton départ
Solitude et tristesse me tiennent compagnie
Pour toi
je pourrais mourir
je pourrais mourir
je pourrais mourir
je pourrais mourir
je pourrais mourir
je pourrais mourir

Un oreiller de plomb
une couverture de pierre
je tourne sans cesse
sans jamais trouver le sommeil
je ne me fais pas à la solitude

Bien sûr
je triche
car je ne possède pas
ce vinyl ,
de Ray Charles.
Mais je m'en fiche
allez au diable
je suis triste
11.6.04 13:12


PUR VINYLE #16 neil Young : Trans 1982

« Don't You Know I'm A 2000 Thousand Man ?
And my kids, they just don't understand me at all... »
«2000 man » the rolling stones (1967)



On a dansé sur des musiques synthétiques bien pires
et savamment fabriquées, voués à se vendre comme des petits pains.

Neil Young voulait communiquer avec son fils.
Des machines comme seul moyen de liaison avec l'autisme de l'enfant.
Neil Young est un artiste.
Ses chansons comme un journal intime.
Voïcoder.
Trouver la voix.
Trouver la voie pour se comprendre
S'entendre.

« Computer age, computer age, computer age »
9.6.04 15:58


  PUR VINYLE #15 Johnny Cash : I Walk The Line 1956

Zapping :
Eudeline qui cause avec les mains sur Canal Plus.
Les 50 ans du rock encore.
Un journaliste fait le macaque chez un collectionneur,
chante sur "That's allright Mama"
et bousille la galette sacrée d'Elvis Presley;
grimace sur "Blue Suede Shoes" de géantissime Carl Perkins
espérant nous faire croire que sa vie est dure;
je passe les horreurs qu'il commet sur Chuck Berry...
Eudeline lui taille en costard en trois mots. Bravo.
Exaspéré je zappe sur M6,
et là...
L'apparition : JOHNNY CASH !



Johnny Cash dans un épisode de "Docteur Quinn, femme médecin",
c'est la première fois que je tombe sur cette série mal jouée.
L'épisode s'intitule "Thanksgiving", toute la chantilly amerloque.
Mais Johnny Cash.
Mais June Carter Cash aussi.
Magique.
June n'arrive pas à dormir.
Elle demande à Johnny de lui chanter une chanson.
Johnny empoigne sa guitare.
Johnny qui jusque là parlait français
se met à chanter en anglais.
Il chante en regardant June.
Il remercie Dieu d'avoir June à ses côtés.
C'est Beau.
Au moment où je me dis que c'est incroyable que la chanson passe en entier,
le logo M6 décapite Johnny.
Publicité.
Dégouté j'ai jeté ma télé.
J'ai sorti "Johnny Cash 's Greatest Hits Volume I" (1967) du placard vert anis,
ce vinyl qu'Emmanuel m'avait offert.
Emmanuel qui, lui aussi avait été visité par Johnny Cash
un jour de délabrement la zapette à la main.
Je te comprends Emmanuel.
Quand Johnny apparait.
Quand Johnny nous apparait.
Il faut se mettre à genoux.
Puisque M6 lui tord le cou...
9.6.04 15:32


PUR VINYLE #14 Harry Nilsson : Schmilsson 1971


 


Caroline dit :fficeffice" />


« Je voudrais un disque du samedi après-midi »


« Ah ? Je n’y ai jamais réfléchi. J’ai des disques du matin. Des disques du soir. Des disques du dimanche. Du lundi. »


Caroline sur le canapé, étire ses bras derrière elle :


« C’est décevant. Parce qu’on n’est ni dimanche ni lundi »


« Je suis décevant. Tiens on va mettre celui là, je l’ai acheté ce matin. »


Caroline dit « Tu ne fais pas d’effort. C’est qui ? »


« Le chanteur préféré des Beatles »


Caroline se dirige vers la cuisine « Comment tu le sais ? »


« McCartney et Lennon l’ont dit en chœur lors d’une interview »


Caroline revient avec une tablette de chocolat praliné :


« Tu ne m’as pas dit son nom. Fais voir la pochette »


« Harry Nilsson »


Caroline dit en ouvrant la tablette de chocolat « Connais pas. Hum… classe dans le peignoir au réveil. Ca fait envie. C’est bien cette chanson remarque »


« Gotta get up. C’est pour aller avec le peignoir. Il y a la même photo de lui mais en plus grand sur le poster si tu veux »


Caroline dit en croquant un carré de chocolat :


« Non merci. Je n’ai pas l’âge du style peignoir débraillé et pipe au réveil. »


« Je resterai vigilant. Au verso il y a la photo de son frigo ouvert si tu préfères. En fait si, tu le connais. Tu ne le sais peut être pas, mais si »


Caroline dit en pointant son regard azur vers toi :


« T’es sûr ? Je ne devais même pas être née quand il a enfilé son peignoir. »


« Certes. C’est quoi ce coté peignoirophobe ? J’aime bien les peignoirs, surtout quand tu es dedans»


Caroline dit avec sa moue malicieuse :


« Ca doit être pour cela que tu me l’enlèves tout le temps. C’est un monomaniaque ton Larry, les paroles là, c’est bien early in the morning ? »


« Harry. Euh oui c’est ça. C’est un concept le peignoir tu vois »


Caroline les yeux levés au ciel dit « Oublie le peignoir, je le connais d’où Harry ? Ce prénom me fait toujours penser au Démon de Selby. »


« Belle référence. Tu connais le film Macadam Cowboy ? »


Caroline dit, se redressant subitement :


« Schlesinger. 1969. Al Pacino. Bon film. D’ailleurs le titre c’est Midnight cowboy en V.O »


« Pacino t'es sûre? David m'a dit Dustin Hoffman. Everybody’s talking at me, I don’t hear a word they’re saying, only the echoes of my mind… »


Caroline reprenant du chocolat dit :


« Ah oui merde Hoffman. Je dois être troublée. Le peignoir sûrement. Donc c’est lui qui chante. Bien joué... Tiens autre film où l’on entend cette chanson ? Tu as 10 secondes »


« Midnight Cowboy ? J’savais pas. Laisse tomber les 10 secondes »


Caroline dit avec ce pétillement dans le regard qui te transperce :


« Forrest Gump très cher. Finalement il est sympathique même avec son peignoir. Il est bien ce disque.  »


« La première face est top. A mon avis tu connais la première chanson de l’autre face aussi »


Caroline chantonne « Down, Down... c’est encore une musique de film sur l’autre face ? »


« Nan j’crois pas. Tiens écoute »


Caroline revient de la cuisine avec un verre de perrier dans lequel elle immerge une rondelle de citron à l’aide de son majeur :


« I can’t live without you... c’est un message perso? Ca me dit vaguement quelque chose. La chanson qu’on connaît mais que l’on n’a pas. »


« Si, la preuve. C’est un méga tube. Des générations de braillards tous sexes confondus l’ont repris depuis plus de trente ans. En fait je ne l’aime pas trop. Je crois que je n’aime pas les tubes, enfin certains. Pour le reste je me demande... »


Caroline dit, le sourcil ombrageux:


« Tu te demandes ? Je n'aime pas l'indécision. T’es snob en fait. On devrait aller au ciné. »


« En fait ses seuls tubes ont été écrits par d’autres. Tu n’as pas fini ton perrier. »


Caroline dit avec son plus beau sourire :


« Ton disque n’est pas fini. Ca sent le loser ton type. De toute manière pour poser en peignoir sur la pochette ça ne pouvait être que ça. »


 « Bon sang fais moi penser à jeter mon peignoir. On va voir quoi ? » 

8.6.04 01:02


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